Prénasalisation des plosives initiales comme une stratégie de voisement dans un cas d'apraxie de la parole : une étude aérodynamique

Anna Marczyk, Yohann Meynadier, Maria-Josep Solé


Cette étude exploratoire examine le débit d'air nasal dans la production des consonnes obstruantes chez une locutrice apraxique hispanophone, dans le but de déterminer si elle utilise la nasalité comme mécanisme compensatoire pour faciliter l'initiation du voisement. Les résultats mettent en évidence que toutes les occlusives initiales identifiées comme voisées présentent un débit d'air nasal significativement plus élevé que les consonnes sourdes, ce qui va dans le sens de notre hypothèse sur la prénasalisation comme mécanisme adaptatif face au déficit du voisement. Cette stratégie s'avère particulièrement efficace dans le voisinage des consonnes nasales, si celles-ci suivent l'occlusive cible, ce qui peut être dû aux phénomènes de propagation régressive de la nasalité de la coda vers l'attaque syllabique (ex. banco). Par ailleurs, la prénasalisation des obstruantes voisées ne dépend pas de la fréquence lexicale, en suggérant que ce type de comportement compensatoire opère au niveau phonétique de l'encodage de la parole.


 DOI: 10.21437/JEP.2018-77

Cite as: Marczyk, A., Meynadier, Y., Solé, M. (2018) Prénasalisation des plosives initiales comme une stratégie de voisement dans un cas d'apraxie de la parole : une étude aérodynamique. Proc. XXXIIe Journées d’Études sur la Parole, 676-684, DOI: 10.21437/JEP.2018-77.


@inproceedings{Marczyk2018,
  author={Anna Marczyk and Yohann Meynadier and Maria-Josep Solé},
  title={{Prénasalisation des plosives initiales comme une stratégie de voisement dans un cas d'apraxie de la parole : une étude aérodynamique}},
  year=2018,
  booktitle={Proc. XXXIIe Journées d’Études sur la Parole},
  pages={676--684},
  doi={10.21437/JEP.2018-77},
  url={http://dx.doi.org/10.21437/JEP.2018-77}
}